Ma passion pour la musique classique est liée au tendre souvenir de mon premier professeur de piano, à Bruxelles, Francine Birkenwald, qui m'a fait découvrir la musique. J'avais 8 ans, cette passion ne 'ma jamais quitée. Elle n'a cessé de grandir.

Après une première vie professionnelle consacrée au théâtre, à la radio (en tant que comédienne) et au cinéma (comme directrice de casting sur de nombreux longs-métrages et films de télévision ainsi que pour les spectacles de Alfredo Arias), j'ai créé en 2009 "Les Concerts d'Esther", désireuse de redonner à la musique classique, ma passion première, la place qu'elle avait toujours occupée depuis ma petite enfance.

Je consacre une grande partie de mon temps à découvrir de jeunes musiciens lors de concours, master-classes, concerts.

Animée par une quête continuelle de découverte de « jeunes talents » musicaux, je me donne pour mission de révéler au grand public « les artistes de demain » dans un esprit de partage.

Ils ont lieu dans une atmosphère de convivialité et d'échange et dans des conditions d'écoute et de réceptivité optimales.

Depuis la première saison 2009/2010, à Ivry sur Seine, chaque concert représente un moment unique et merveilleux qui offre un espace privilégié à mes coups de cœur.

Les Concerts d'Esther ont à cœur de soutenir également les "Tout jeunes talents", de les accompagner, de les encourager. Ainsi les Concerts d’Esther leur donnent, en première partie de soirée, l'opportunité de jouer pour la première fois et de se faire connaître dans un contexte professionnel. Il m'importe, à ce titre, de leur accorder la même visibilité qu'aux musiciens professionnels. Ainsi, ils sont valorisés et cette participation demeure pour eux un moment important et fort de leur parcours.

C'est ainsi que Les Concerts d'Esther ont produit de jeunes musiciens qui sont devenus par la suite, lauréats des plus grands concours internationaux.

Nathanièle Esther

Voici l'article d'Alain Cochard de septembre 2015.

Depuis leur lancement, les Concerts d’Esther ont contribué à mettre en lumière nombre de nouveaux interprètes. On parle beaucoup de Lucas Debargue depuis son 4ème Prix et son Prix de la critique au dernier Concours Tchaïkovski de Moscou. N. Esther n’est pas peu fière d’avoir programmé ce pianiste dès janvier 2014 au Cercle Suédois pour ce qui constituait son premier récital parisien, et de l’avoir réinvité en musique de chambre en septembre 2014 au côté du violoncelliste Noé Natorp. C’est à l’occasion d’une master class de Rena Shereshevskaya à Val d’Isère que N. Esther a découvert L. Debargue et dans ce même contexte qu’elle avait perçu dès 2012 la singularité d’un certain Rémi Geniet. Invité de sa saison en février 2013, ce dernier remporta trois mois plus tard un très remarqué 2ème Prix au Concours Reine Elisabeth. Du flair, à n'en pas douter !
Avec six concerts en tout, le week-end Tremplin Talents qui arrive, parrainé par Bruno Rigutto, promet de combler les auditeurs curieux ; ceux qui aiment faire mentir Cocteau lorsqu’il remarquait – avec raison, ô combien ! – qu’en France « on ne connaît pas, on reconnaît ».
 
En ouverture (26/09, 18h), N. Esther a rassemblé autour d’Esther Assuied, qu’elle suit depuis quatre ans et décrit comme « une pianiste phénoménale et une musicienne atypique, également compositrice, claveciniste et organiste », Clara Saïtkoulov (violon), Vincent Gailly (accordéon) et Zachary Hatcher, « magicien de la harpe », pour un concert très varié allant de Bach à Jean Cras en passant par Dussek et Tchaïkovski.
 
En soirée (20h) le piano sera doublement à l’honneur puisque, Bruno Rigutto et son fils Paolo prendront place sur la scène d’Adyar. Paolo Rigutto (photo), découvert lui aussi lors d’une master class il y a un an. « J’ai été très séduite par son extrême sensibilité, ses couleurs, confie N. Esther. Je l’ai invité et c’est à partir de là que j’ai eu l’idée de l’associer à son père. Ensemble ils joueront la Fantaisie en fa mineur de Schubert, puis Paolo interprétera des œuvres de Fauré, Liszt, Chopin et Ravel. »
 
Pianiste, mais aussi soprano - on l’a découverte sous cette facette à l’Académie Ravel de Saint-Jean-de-Luz il y a peu (2) - Julie Alcaraz se produit en solo (27/09, 12h), mais aussi en musique de chambre avec une violoniste que N. Esther suit attentivement et a tenu à associer à son Tremplin Talents : Fukiko Matsushita, qui signera des extraits de l’Opus 17 de Suk. Duo assez inattendu (violon et accordéon), les Frères Bouclier offriront ensuite (14h) un programme mêlant des pages connues (Vitali, Vivaldi, Rachmaninov) et plus rares (Chalaïev, Zolotarev).
 
Marion Platero (3) a remporté en beau succès en avril dernier et N. Esther réinvite la jeune violoncelliste, en compagnie de Mohamed Hiber cette fois. Daniel Barenboim soutient beaucoup ce tout jeune violoniste qui se refuse à brûler les étapes et poursuit actuellement ses études à l’Académie Reina Sofia de Madrid. Bach, Beethoven, Pleyel ou Cassado occuperont les deux archets en duo ou en solo. (16h)

Recommandé à N. Esther par Bruno Rigutto et remarqué cet été lors du concert des Révélations classiques Adami au Festival de Prades (4), le pianiste Josquin Otal conclut le week-end en duo avec l’altiste Ralph Szigeti (18h) dans des pages de Brahms, Schumann, Enesco, mais il accompagne aussi Fukiko Matsushita dans une vraie curiosité : l’arrangement pour violon et piano par Eugène Ysaÿe de … la 1èreBallade de Chopin !

Alain Cochard
 
Les Concert d’Esther / Tremplin Talents
26 et 27 septembre 2015
Paris – Salle Adyar

ET la critique de Victoria Okada sur Resmusica..

Deuxième édition du « Tremplin Talents » des Concerts d’Esther, qui a révélé, l’année dernière, un certain Lucas Debargue (4e prix de piano au Concours Tchaïkovski à Moscou cet été), propose, cette année encore, des perles cachées qui vont sûrement briller de tout leur éclat dans les années à venir. 

Les concerts de cette année étaient parrainés par le pianiste , qui a joué la Fantaisie de Schubert à quatre mains avec son fils Paolo le 26 septembre à 20 heures, avant de laisser ce dernier en solo dans la Sonatine de Ravel, un Prélude et un Scherzo de Chopin, En rêve et la Vallée d’Obermann de Liszt et un Nocturne de Fauré. Auparavant, quatre jeunes espoirs – la pianiste Esther Assuide qui a gagné en ampleur, la violoniste de 16 ans  dotée d’une grande musicalité, , accordéoniste au talent affirmé et le très élégant  à la harpe – offrent, chacun, deux pièces en guise d’amuse-bouches pour ce marathon en six concerts.

Le dimanche 27 septembre,  ouvre le bal à midi avec, notamment, des Sonates de Scarlatti qu’elle joue avec beaucoup de sensibilité et le deuxième cahier d’Iberia d’Albéniz, où elle explore ses couleurs sonores « bouillonnantes ».

Ensuite, à 14 heures, c’est une véritable révélation : les frères Bouclier, Julien au violon et Dimitri à l’accordéon, qui ont effectué tous deux leurs études musicales en Suisse, jouent en parfaite communion l’un avec l’autre et avec la musique. Dimitri, surtout, est totalement habité, voire « possédé » par la musique, faisant réellement corps avec son instrument ; les mélodies et les harmonies qu’il fait naître sont si naturelles et si profondes que ceux qui l’entendent croiraient même à une incarnation de la Muse, et nos lecteurs peuvent nous faire entièrement confiance quant à cette expression consacrée. Il nous fait connaître une œuvre intitulée Goulag, pour accordéon solo, de  (né en 1936) qui relate la vie dans un camp en Sibérie. Elle se compose de quatre mouvements : « Arrivée en Sibérie », « Tentative d’évasion », « Travaux forcés » et « Combat quotidien des prisonniers ». Tous poignants, introduisant des bruits de vent et des accords dissonants, mais restant dans le cadre tonal (bi- et polytonal), dont l’interprétation atteint une virtuosité de haute volée et une musicalité hors norme. Toutes les pièces du programme sont arrangées par les soins des deux frères, qui révèlent ainsi leur excellence dans l’art de transcription. Ce sont deux « véritables » musiciens et nous devons nous réjouir qu’une telle combinaison d’instruments, souvent reléguée dans la catégorie de la musique folklorique (et à laquelle on attache une importance moindre par rapport à la musique savante), nous entraîne aussi loin dans l’art musical en nous invitant à un voyage si intense.

L’avant-dernier concert est assuré par , né à Paris en 1995, premier violon solo de l’Orchestre Divan West-Eastern dirigé par Daniel Barenboim, et Marion Platero, violoncelliste dynamique et énergique. Tous deux possèdent une sonorité propre, riche et large ; en duo, cela se traduit par une certaine tendance à la confrontation frontale, au détriment d’une harmonie partagée (Duo de Beethoven et Passacaille de Haendel/Halvorsen). En revanche, ils sont plus inventifs et expressifs en solo ; l’interprétation de la Suite de Cassado par Marion Platero est à couper le souffle, le Caprice n° 9 de Paganini par Mohamed Hiber brille par sa virtuosité toute simple.

Fukiko Matsushita Julie AlcarazEnfin, le pianiste  (révélation classique de l’ADAMI) et l’altiste  (premier alto solo à l’Orchestre philharmonique royal de Liège) interprètent une Sonate de Brahms, l’Adagio et Allegro de Schumann et les Konzertstücke d’Enesco. Ralph Szigeti relate brièvement et avec drôlerie le contexte de la composition de chaque pièce, avant de nous la livrer dans un jeu vif, tonique et lyrique, avec la complicité des mains sûres de Josquin Otal.

La violoniste  apparaît à deux reprises, d’abord à 12 heures puis au concert final, dans les extraits de Quatre pièces de Suk avec Julie Alcaraz et dans la première Ballade de Chopin, transcrite par Eugène Ysaÿe, avec Josquin Otal. Cette partition rare – dont l’écriture met souvent l’accent sur la technicité violonistique mais dont les dialogues avec le piano ne sont pas toujours très réussis – est rehaussée par la fraîcheur juvénile des musiciens...